Bulletin  Trimestriel
Fév - Mars  et Avril  2001


ASSOCIATION CABINDAISE DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME-ASBL

N° d’Id. 4540 /2001   CCP : 000-1413057-58
ACADDHO-ASBL


“L’identité Cabindaise est notre droit légitime et irrévocable, nous sommes Cabindais, depuis toujours et pour toujours, et la Communauté Internationale doit nous reconnaître en tant que tels.’’
Mundu  Bunga Jacques Soares

Parlez du Cabinda à votre entourage, c’est déjà y lutter pour le respect des droits humains !

Rue de Mangombroux, 55  4800  Verviers- BELGIQUE
é-mail : acaddho@hotmail.com
Tél. 0495422502

 


ASSOCIATION CABINDAISE DE  DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME-ASBL
N° d’Id 4540/2OO1   CCP :000-1413057-58
 
 

LE DRAME CABINDAIS


Ce feuillet a comme principal objectif de sensibiliser la communauté internationale sur le sort scandaleux du peuple cabindais victime à la fois de l’oppression des autorités et armée angolaises et de la passivité complice de la communauté internationale.
Nous portons à la connaissance des personnes éprises de justice et de paix le drame qui sévit au CABINDA pour que la volonté d’y lutter en faveur du respect des droits de l’homme n’attende pas que l’extrême de l’horreur ne soit atteint pour se manifester .                                    Le malheur  du Cabinda, territoire de l’Afrique centrale situé entre les deux Congo et bordé par l’océan  atlantique, c’est de renfermer un gisement important de pétrole qui dans les cinq prochaines années  fournira  aux Etats-Unis  d’Amérique un cinquième de sa consommation pétrolière annuelle.Ce « koweït africain » qu’est le Cabinda rapporte des millions de dollars au gouvernement angolais  et l’aide ainsi à soutenir sa lutte contre la rébellion.
Les grandes compagnies pétrolières se sont alliées aux bourreaux angolais pour exploiter, voire saigner le Cabinda sans aucun apport économico-social local.
Il est donc indispensable que soient contrecarrés les excès de la toute puissance de ces multinationales  pétrolières qui ne sont éprises que de profit.

Citoyens du monde, l’armée angolaise pilonne chaque jour les villages cabindais autour de la localité de Dinge sans épargner les civils, enfants, jeunes et vieillards qui vivent dans un traumatisme permanent. Quel avenir pour ces enfants ?
Rester inactif  face à ces crimes est une attitude déplorable. Nier leur existence est une attitude complice. Nous saisissons cette occasion pour déplorer indifférence coupable de la presse occidentale face au drame que connaît le peuple cabindais, la presse est –elle vraiment indépendante face aux lobbies financiers, un outil au service de la défense des droits de l’homme?

L’identité cabindaise est davantage occultée par l’imposition de la nationalité angolaise par les pays qui accueillent les réfugiés cabindais. Ainsi, saisissant cette opportunité, nous lançons un appel à l’Office des Etrangers, et au Commissariat Général aux  apatrides et aux réfugiés pour que l’article 15 de la déclaration Universelle des droits de l’homme qui stipule que : « Tout individu a droit à une nationalité ; nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité , ni du droit de changer de  nationalité », soit respecté.
Les cabindais sombrent dans l’oubli de la conscience mondiale qui ,il est vrai, ne leur porte jamais grande attention.

Il est à savoir que pour ce qui concerne le Cabinda, terre martyre, que la tolérance de l’oppression et de l’injustice au nom des intérêts politiques et économiques ne constitue que la complaisance à l’égard de ceux qui méprisent les droits de l’homme, ce qui d’ailleurs est le plus sûr  moyen d’aggraver encore le drame cabindais
 

Les  actions menées par l’ACADDHO-ASBL

Le 28 janvier 2001 : L’Association Cabindaise de défense des droits de l’homme a adressé une lettre au Président du Portugal, Monsieur Jorge SAMPAIO, par l’entremise du consulat portugais de Liège. Nous l’avons interpellé sur la responsabilité historique du Portugal dans le drame cabindais, et le devoir du Portugal de résoudre la  problématique cabindaise.

Le 23 fév2001 : Avec l’association des ressortissants Cabindais de Belgique, l’ACADDHO-ASBL a manifesté devant l’Ambassade du Portugal pour le respect des droits de l’homme au cabinda. Il est à savoir que c’est le Portugal l’auteur du drame cabindais. Il a scellé ce
malheureux avenir des cabindais en offrant leur terre à l’Angola en violation du traité Luso-cabindais de 1885 ,  de la constitution portugaise de 1933, du droit du peuple cabindais à l’autodétermination et d’exister enfin comme Etat.

Le 8 mars 2001 :aboutissement des démarches entreprises par l’ACADDHO pour sa reconnaissance comme ASBL par sa publication au Moniteur belge sous le numéro d’identification :4540 :2001.

Le 8 mars 2001 : Adresse d’une lettre ouverte aux Présidents  Jorge Sampaio, George Bush et Edouardo Dos Santos, respectivement présidents du Portugal, des Etats-Unis, et de l’Angola ; laquelle lettre est intitulée «  J’accuse ». Il y est question d’interpeller ces chefs d’Etat sur la  responsabilité collective de leurs 3 pays dans l’exploitation du peuple cabindais. Nous avons saisi cette occasion pour solliciter les organismes internationaux et humanitaires afin de les voir manifester une attention particulière pour soulager tant soit peu la souffrance des cabindais, et surtout de contribuer au dénouement de la problématique cabindaise.

Les nouvelles du Cabinda par notre Correspondant à Brazza-ville (Rép. du Congo)

Le mois d’avril a été un mois très difficile pour les habitants de Dinge et Villages environnants . En effet, les combats entre l’armée angolaise et les combattants cabindais sont de plus en plus violents, offrent aux enfants un spectacle désolant,  et donnent aux villages des allures des villages fantômes, tant la vie y est invivable. L’autarcie est devenue le mode de vie par excellence. Dans la juridiction de MASSABI, dans le village de LUCO, le corps mutilé d’un vieillard a été retrouvé aux champs alors que son tueur, un militaire angolais pavane fièrement avec ses habits sans aucune inquiétude. Nous donnerons un rapport détaillé après le rapport des de nos Informateurs .
 

LE CABINDA EN DEUIL

En ce début du mois, ce 4 /5/2001, les troupes angolaises basées à KIMONGO en République du Congo,  ont fait une incursion au Cabinda par la frontière de Moukonji pour y semer la terreur et la désolation.
Ils sont entrés dans le village de SEKE MBANZA où ils ont tué le chef du village, monsieur ABINIEL, sa femme et ses enfants. Après avoir brûlé le village et l’avoir miné, ils se sont rendus successivement   dans les villages de SANDA MASALA , LONDE LUBUNJI ,et  MALUANGO où ils ont perpétué les mêmes crimes.

A KONDE LUBUNJI, MOISES, le chef du village  a connu le même sort macabre, une exécution extrajudiciaire parmi tant d’autres  comme nous ne cessons jamais de le dénoncer.
Avec la même détermination criminelle, découlant certainement d’un plan systématique ‘’d’éradication’ ’orchestré par le Gouvernement angolais, l’armée angolaise est descendue sur le village de SANDA MASALA où le chef du village, Alberto KIONGA et sa famille ont été mis en état d’arrestation arbitraire. Ce chef fut obligé d’aller rechercher les villageois qui se sont réfugiés dans la forêt , après que sa famille ait été prise en otage par les angolais.
Les militaires angolais ont laissé croire au chef qu’ils sont venus avec pour  mission de sécuriser la population, triste manipulation, teintée d’une terreur inimaginable , car à son retour, les femmes furent violées avant de connaître une mort atroce, douloureuse avec la famille de la chefferie ; nul ne fut épargné, ni enfants, ni vieillards.

Alors, que signifie ce silence de la communauté internationale face à ces crimes sans cesse perpétrés sans que l’on lève un petit doigt , ni à l’OUA, ni à l’Union Européenne, ni même à l’ONU ? Pourquoi doit- on attendre que les crimes soient commis afin qu’enfin la poursuite soit engagée à l ‘encontre des auteurs de génocide ? Pourquoi après plusieurs alertes dénonçant  le complot visant l’extermination du peuple cabindais afin de faire taire l’aspiration légitime de ce dernier à l’autodétermination ,et enfin à exister comme Etat,          la communauté internationale demeure impassible ?
Devons -nous penser que la défense des droits de l’homme est relative , selon que l’on a des intérêts où l’on est complice des lobbies pétroliers ?

Nous lançons encore un appel pressant à aux hommes épris de paix et de justice, pour qu’enfin le Cabinda quitte l’oubli dans lequel il a été relégué au nom de la défense des intérêts injustes de ceux qui pensent la vie des autres ne vaut pas le pétrole.

                                                        Mundu Bunga Jacques Soares


Perspectives

Au niveau belge
Adresser une lettre au Ministre de l’Intérieur Monsieur Antoine DUQUESNE  pour qu’on prenne en compte l’aspiration des cabindais  de voir leur identité cabindaise reconnue par l’Office des Etrangers et le Commissariat Général aux apatrides et aux réfugiés, et que cesse l’imposition de la nationalité angolaise aux cabindais en violation flagrante des droits de l’homme ; et par la même occasion au Commissaire- Général.

Au niveau européen
Demander à l’Union Européenne d’interpeller le Portugal sur son implication dans le drame que connaît le Cabinda.
Solliciter une aide humanitaire pour le cabinda où les enfants souffrent de malnutrition et ne savent pas bénéficier de santé primaire et d’un plan d’Education permanent alors que les multinationales pétrolières font des millions de dollars de bénéfices avec le pétrole que produit le cabinda.
Et enfin, solliciter un embargo sur l’armement contre l’Angola qui utilise des armes non-conventionnelles contre les villages au mépris des conventions internationales sur la protection des civils dans les conflits armés.

Au niveau onusien
Faire appel au Secrétaire Général des Nation-unies pour que soit pris en compte les aspirations du peuple cabindais à s’autodéterminer et d’ exister comme Etat.

Au niveau de la Cours internationale des Droits de l’homme,
 mener une action efficace en saisissant cette juridiction, afin que les enquêtes soient menées pour que les responsables de ces crimes crapuleux soient punis et que le gouvernement angolais réponde de ses responsabilités sur le malheur qui continue à s’abattre sur le Cabinda ,terre martyre ,qui sombre dans l’oubli de la conscience mondiale.

                Mayuku Banikina Denis

 


L’Association cabindaise de défense des droits de l’homme attend de vous un soutien pour la défense des droits humains au CABINDA .


Vos dons de matériels de bureau, même du papier, nous rendrons grandement service.
L’ACADDHO est ouverte à toute personne, peu importe sa nationalité, qui voudra apporter son soutien en s’affiliant comme membre.


Notre adresse : 55, rue de Mangombroux, 4800 VERVIERS-  Belgique.

Notre CCP : 000-1413057-58

 



 

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