A. CA. D. D. HO
ASSOCIATION CABINDAISE DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME
Lettre de protestation à Monsieur Ruud LUBBERS, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
Monsieur,
Nul n’est besoin de vous rappeler la situation politico –juridique du Cabinda, car cela ne vous est pas méconnue, vue l’ampleur de la dispersion du peuple cabindais en Afrique centrale et dans le monde.Aussi, vous n’êtes pas sans ignorer le rôle du HCR qui est celui de protéger et d’aider les réfugiés dans le monde.
Alors, qu’en est-il devenu des 800 réfugiés cabindais de Pointe-Noire que le HCR a livré comme du bétail entre les mains de l’armée angolaise, qui chaque jour massacre des populations dans l’enclave de Cabinda.Les exécutions extrajudiciaires sont courantes au Cabinda contre tous ceux qui dénoncent l’occupation angolaise. D’où vient que l’organisme dont vous avez la responsabilité peut à ce point cautionner l’injustice et être à la solde des combines politiciennes ?
Pour votre information, un protocole d’Accord tripartite sur la sécurité aux frontières communes a été signé à Brazza-ville le 5 septembre 1999 entre la République Démocratique du Congo , la République du Congo et l’Angola. Ce protocole libellé en en quatre points, note la persistance massive aux frontières communes des réfugiés et déplacés de guerre, estimant cette présence constituer une menace pour la sécurité des trois pays.
Le Ministre angolais, Fernando dia Siedade y a fait notamment allusion à la concentration des insurrections armées des mouvements indépendantistes cabindais.
D’ailleurs, en date du 24 août 01, une Alliance militaire vient de naître entre l’Angola et les deux Congo par la mise en place d’une commission permanente consultative de sécurité pour ,dit-on, prévenir et réguler les conflits entre leurs Etats.
Ce qui constitue une aubaine pour l’Angola qui met toutes ces stratégies en œuvre pour isoler davantage le Cabinda et, étouffer ainsi la lutte du peuple cabindais pour l’indépendance , mais surtout pour éradiquer la présence des camps des réfugiés cabindais dans les deux Congo.Ainsi donc, cette dernière stratégie qui consiste à étouffer la médiatisation du drame cabindais en éradiquant la présence des réfugiés cabindais dans leurs pays voisins vient de trouver sa réalisation avec l’aide du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés dont vous êtes le numéro un . L’UNHCR vient de collaborer à la concrétisation d’un projet machiavélique dont les conséquences dramatiques ne tarderont pas à se manifester.
Plus grave encore, le Porte parole du HCR, monsieur Kris JANOWSKI s’est donné le culot de déclarer lors d’une conférence de Presse, le 3 août 01 au Palais des Nations à Genève que le Cabinda est le seul endroit en Angola où il y a la sécurité, encore faut-il que le Cabinda soit l’Angola.
De qui se moque –t-on ?
Le peuple cabindais n’est pas naïf.
Le plus triste, c’est de voir l’UNHCR continuer à ternir son image en se mettant au service de l’exploitation capitaliste.L’ UNHCR, monsieur le Haut-Commissaire, s’est rendu coupable de la conspiration odieuse contre le peuple cabindais. Savez-vous que vos agents du Congo –Brazza ont goûté au petro-dollars de Dos Santos pour faire pression sur les réfugiés cabindais en les intimidant de l’insécurité intégrale pour ceux qui tiendront à demeurer dans les camps afin de les contraindre au retour dans une terre où rôde l’ange de la mort.
Au fait, quel est le crime commis par le peuple cabindais ?
Le fait d’avoir hérité de leurs ancêtres d’une terre riche ?
Monsieur le Haut-Commissaire, savez-vous la grande douleur de perdre sa terre natale ?
Etes-vous capable de vous mettre ne fut-ce qu’une journée dans la peau d’un cabindais contraint à l’exil ?Monsieur le Haut-commissaire, vous vous souviendrez toujours que sous votre mandat, l’UNHCR a livré les pauvres cabindais entre les mains de leurs bourreaux angolais et leurs alliés, que l’UNHCR a failli à sa mission d’aider et de protéger les réfugiés cabindais, que l’UNHCR a commis une violation flagrante de l’article 14 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme, alinéa premier qui stipule que devant la persécution, toute personne a droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays.
Monsieur le Haut-Commissaire, notre déception est profonde, notre désolation est immense, mais l’Histoire nous jugera , et rien n’arrêtera la lutte du peuple cabindais pour son autodétermination , c’est notre droit légitime.
Fait à Verviers, le 25 août 01.
Mundu Bunga Jacques Soares
Secrétaire Général
Association Cabindaise de Défense des Droits de l’Homme- ASBL.
Siège : Rue de Mangombroux 55 4800 VERVIERS
Tél. +32/87448950
Gsm +32 /495 422502
E-mail: acaddho@hotmail.com
Num .d’Id. : 4540/ 2001
Compte : 000-1413057-58